Comment préparer un modèle SketchUp pour les visualisations IA ? Cadrage, arêtes, ombres et export
Préparer une vue SketchUp pour l’IA ne prend que quelques minutes : une scène complète sans plan de section visible, un cadrage aux proportions naturelles 16:9 ou 4:3, une caméra placée à 100-120 cm de hauteur, les textures activées, des arêtes fines sans profils, les ombres portées désactivées et un export via File / Export / 2D Graphic d’au moins 1440 px sur le petit côté. Ci-dessous, je décortique chacun de ces réglages et je vous montre ce qui se passe quand on les ignore.

Sommaire
- Pourquoi la vue SketchUp détermine-t-elle la qualité d’une visualisation IA ?
- Comment préparer une scène 3D pour que l’IA n’hallucine pas ?
- Quelles proportions de cadrage choisir pour une visualisation IA ?
- À quelle hauteur placer la caméra dans SketchUp ?
- Comment régler les matériaux et les textures dans SketchUp pour l’IA ?
- Arêtes et profils dans les styles SketchUp : que désactiver avant l’export ?
- Activer ou désactiver les ombres avant d’envoyer la vue à l’IA ?
- Ambient Occlusion dans SketchUp : qu’est-ce que c’est et quels réglages choisir ?
- Où placer les sources de lumière pour que l’IA les voie ?
- Désactiver l’arrière-plan dans SketchUp : la vue verte et bleue derrière la fenêtre
- Comment résoudre le problème des miroirs dans les visualisations IA ?
- Comment exporter une vue SketchUp pour l’IA ?
- Le plugin Raya pour SketchUp : un rendu IA sans exporter de fichier
- Check-list avant d’exporter une vue pour l’IA
Pourquoi la vue SketchUp détermine-t-elle la qualité d’une visualisation IA ?
La qualité de l’image de départ représente environ 80 % de la qualité du résultat, donc la façon dont vous préparez votre vue SketchUp pour l’IA compte davantage que tous les réglages du générateur. Raya ajoute du photoréalisme à la scène que vous lui montrez et reste très fidèle à la géométrie importée.
Il en découle deux principes qui reviennent dans ce guide à chaque réglage. Premièrement : ce qui est visible dans la scène sera digéré par l’IA. Deuxièmement : si vous pouvez corriger quelque chose dans le modèle en quelques minutes, corrigez-le dans le modèle.
J’ai vu pas mal de générations où l’utilisateur essayait de décaler des carreaux de 10 cm à coups d’instructions textuelles successives. Poser les carreaux dans SketchUp prend moins de temps, ne coûte aucun crédit, et l’intelligence artificielle reçoit une information sans ambiguïté dont elle sait parfaitement quoi faire. Décrire avec des mots ce que l’on peut dessiner sera toujours la moins bonne solution.
Le plus simple pour vous en convaincre, c’est de le tester sur votre propre projet : envoyez le même cadrage une fois tel quel, puis une fois après être passé par les réglages de ce guide, et comparez les deux résultats. Un nouveau compte Raya reçoit 20 crédits gratuits pour commencer, sans carte bancaire, donc ce test ne vous coûte rien. Si vous débutez, jetez d’abord un œil à tout le parcours, de la vue 3D à la visualisation finale. Ici, nous nous concentrons uniquement sur ce qui se passe avant l’envoi de l’image.


Comment préparer une scène 3D pour que l’IA n’hallucine pas ?
Puisque l’IA reproduit ce qu’elle voit, la scène doit avant tout être complète. Chaque élément coupé ou inachevé dans le cadre est une énigme pour le modèle, et l’intelligence artificielle résout les énigmes à sa manière, différemment à chaque fois.
L’un des problèmes, ce sont les coupes avec un plan de section visible. Sur la gauche du cadre, vous avez l’intérieur, sur la droite un fond nu, et entre les deux une arête nette sur toute la hauteur de l’image. Qu’attendez-vous dans ce cas ? Que l’IA reconstruise le mur manquant, ou qu’elle laisse un espace ouvert ? Le modèle n’a aucun moyen de trancher, il vaut donc mieux fermer la coupe ou envoyer une vue sans elle.
Bon exemple
Mauvais exempleLa même règle s’applique aux annotations qui restent dans le modèle après le travail de conception. Avant l’export, masquez les lignes de construction, les cotes et les textes. Inutile de vous soucier des axes, ils ne sont pas exportés, mais une ligne de cote qui traverse un mur sera traitée comme une partie de l’intérieur.
Un piège à part attend ceux qui travaillent avec V-Ray. Pour l’IA, les fichiers proxy ne sont qu’un amas de triangles, et les assets de la bibliothèque Chaos Cosmos s’affichent dans le viewport sous forme de petits nuages blancs. En rendu classique, cette solution fonctionne à merveille et économise la mémoire, mais l’IA n’a aucun moyen de savoir que ce petit nuage est une chaise en chêne. Dans une scène préparée pour Raya, placez à cet endroit une vraie géométrie, même simplifiée. S’il vous manque un meuble précis, vous pouvez générer un modèle 3D à partir d’une photo et l’insérer dans la scène.
Profitez-en pour débarrasser le cadre des éléments de V-Ray (ou de tout autre moteur de rendu que vous utilisez). La commande Hide V-Ray widgets masque les icônes des lumières, des caméras, du dôme et des autres objets d’aide qui, dans la fenêtre de travail, ne sont que des repères, mais qui, pour l’IA, ressemblent à des éléments de mobilier étranges et pourtant bien réels.
Bon exemple
Mauvais exempleQuelles proportions de cadrage choisir pour une visualisation IA ?
Une scène complète, ce n’est que la moitié du travail, car il faut maintenant la cadrer. Ce qui fonctionne le mieux, ce sont les proportions naturelles d’une photo, c’est-à-dire celles qui sortent habituellement d’un appareil photo et que les modèles ont le plus vues pendant leur entraînement :
16:9 - intérieurs et extérieurs à l’horizontale,
9:16 - cadrages verticaux typiques des réseaux sociaux,
4:3 et 3:2 - les classiques de la photographie, y compris en version verticale,
5:4 - cadrages serrés,
1:1 - les vues carrées, autrefois très populaires.
Recadrez précisément avant l’envoi. Plus vous réglez le cadre vous-même avec précision, moins l’IA a de raisons d’y changer quoi que ce soit, et vous obtenez ainsi une visualisation exactement de la vue que vous avez dans votre projet.
Les panoramas très allongés et les bandes verticales étroites donnent de mauvais résultats. L’intelligence artificielle n’est pas préparée à de telles proportions. D’ailleurs, où comptez-vous les utiliser ? Une vue en 4:1 ne tiendrait même pas sur un écran panoramique incurvé...
Bon exemple
Mauvais exempleÀ quelle hauteur placer la caméra dans SketchUp ?
Les proportions sont réglées, place à la caméra. En intérieur, la hauteur qui fonctionne le mieux est de 100-120 cm, soit un peu plus bas que le regard d’une personne debout, car ce cadrage englobe davantage de sol et de mobilier, et moins de plafond vide. Il permet aussi de bien mettre en valeur une cuisine, en particulier les meubles hauts.
En extérieur, vous pouvez revenir à hauteur d’yeux. Un bâtiment vu depuis le point de vue d’un passant, c’est une vue que l’IA connaît grâce à des milliers de photos d’architecture, elle la reproduira donc avec une grande assurance.
Renoncez en revanche aux élévations. Pour l’IA, une vue perpendiculaire à la façade, sans perspective, est aussi plate qu’un dessin technique. Le modèle n’a rien pour lire la profondeur, si bien que les niches, les retraits et les meubles perdent leur troisième dimension. Élargissez le champ de vision, faites pivoter la caméra d’une quinzaine de degrés, descendez à hauteur d’yeux et gardez la perspective. Vous obtiendrez une photo au lieu d’un dessin.
Les extrêmes à l’autre bout du spectre posent aussi problème. La vue en contre-plongée, avec une caméra juste au-dessus du sol et orientée vers le haut, donne un cadrage que l’on ne rencontre pratiquement jamais en photographie d’intérieur. Un champ de vision trop étiré produit le même effet : l’image commence à ressembler à une photo prise au grand-angle, les murs s’écartent sur les côtés et l’intelligence artificielle reçoit une géométrie qu’elle ne parvient pas à lire comme une pièce ordinaire. Tenez-vous-en à une vue naturelle pour l’œil humain.
Bon exemple
Mauvais exempleLes axonométries et les vues à vol d’oiseau sont tout à fait acceptables, je les utilise moi-même. Gardez simplement à l’esprit que les vues naturelles, à hauteur d’homme, sont surreprésentées dans les données d’entraînement, et c’est donc avec elles que l’IA donne le meilleur d’elle-même. Une vue axonométrique mérite parfois une ou deux générations supplémentaires.
Une fois le cadrage trouvé, enregistrez-le comme scène. Cela paraît évident, mais j’ai tenu à le mentionner. Vous pourrez ainsi y revenir en un clic.
Comment régler les matériaux et les textures dans SketchUp pour l’IA ?
Le cadrage et la caméra déterminent ce que l’IA verra, les matériaux déterminent la façon dont elle interprétera la scène. Activez l’affichage View / Face Style / Shaded with textures, afin que Raya reproduise fidèlement les matériaux de SketchUp.
Le rendu « clay » blanc (ou rouge) est à proscrire. Quand toute la scène est blanche, le modèle n’a aucun indice et attribue aux faces des textures au hasard : le sol peut sortir en béton alors qu’il est en chêne dans le projet. Vous voulez un plan de travail en marbre ? Mettez-le en marbre dans SketchUp, et vous aurez du marbre exactement là où vous l’avez prévu.


L’intelligence artificielle prendra aussi l’échelle des textures au pied de la lettre : un carreau étiré sur la moitié d’un mur restera étiré sur la génération. Prenez une minute pour mettre correctement les matériaux à l’échelle avant d’envoyer la vue.
Attention ! Les couleurs proches du bois peuvent tromper le modèle. Le brun et le beige foncé appliqués à une chaise ou à une porte sont souvent interprétés comme du bois, car c’est à ce type de géométrie que l’IA associe le plus souvent le bois. S’il s’agit d’un meuble laqué couleur cappuccino ou d’une porte beige mate, précisez-le dans la description des matériaux de l’onglet « Générer ». Une seule phrase du type « façades laquées mates couleur cappuccino, sans veinage » suffit pour que l’IA arrête de deviner.
Que faire du verre pour que l’IA le reconnaisse ?
Les matériaux transparents obéissent à une règle à part, car c’est le seul cas où un matériau correctement réglé paraît moins bien dans le viewport qu’un matériau non réglé. Le verre ne doit avoir ni une opacité nulle, ni une couleur vide. Laissez-lui une légère teinte et une valeur d’Opacity plus élevée.
Raya comprend parfaitement les vitrages, les garde-corps et les meubles en verre, mais elle doit d’abord les voir. Une surface totalement transparente dans l’aperçu de SketchUp (réglée pour V-Ray) est tout simplement invisible. L’IA ne lit pas dans les pensées.
Bon exemple
Mauvais exempleD’où viennent les murs bleus ? Les faces inversées dans SketchUp.
Les faces inversées sont un problème que l’on oublie facilement. L’intelligence artificielle ne distingue pas l’endroit de l’envers d’un mur. Elle voit une couleur : le blanc est blanc, le bleu est bleu.
Laissez donc la couleur bleue par défaut de la face arrière ou remplacez-la par du rouge. Le bleu typique des faces arrière dans SketchUp se fond parfois dans le modèle et l’erreur passe inaperçue. Le rouge saute aux yeux immédiatement. Retournez les faces inversées avant l’export, sinon vous obtiendrez une visualisation avec un mur rouge (ou bleu) là où le mur est blanc dans le projet.
Arêtes et profils dans les styles SketchUp : que désactiver avant l’export ?
Vos matériaux sont prêts, reste le style d’affichage, et dans ce style, ce sont les arêtes qui comptent le plus ! L’IA lit les profils épais comme un contour de dessin animé et oriente toute la génération vers l’illustration, la bande dessinée.
Si vous visez le photoréalisme, partez d’Edges fins et désactivez les Profiles. Les profils ne sont pas mauvais en toutes circonstances pour autant. Dans les scènes aux arêtes fortement adoucies, où une bonne partie de la géométrie disparaît sous Soften Edges, des Profiles fins, d’épaisseur 1, soit la même que celle des arêtes, aident à souligner les volumes et les relations spatiales. Au lieu d’un contour, vous mettez alors en valeur ce qui existe réellement dans le modèle. Dans les réglages du style, vous pouvez aller plus loin de trois façons différentes (au choix) :
Éclaircissez la couleur des arêtes à 15, 15, 15 au lieu du noir 0, 0, 0.
Réglez Color / By material, pour que les arêtes prennent la couleur des matériaux.
Désactivez complètement les arêtes et ne gardez que les couleurs et les textures.
La première méthode est la plus rapide et pratiquement toujours sans risque, car des contours très sombres peuvent être mal interprétés. Quelques points de plus suffisent pour que la ligne cesse d’être un trait noir. La deuxième donne le plus bel effet, car l’arête d’un mur blanc devient blanche, celle d’un parquet en chêne devient brune, et tout le modèle cesse d’être haché de lignes sombres. Elle exige en revanche un modèle bien organisé, puisque les couleurs doivent être appliquées aux faces et non aux groupes. La troisième peut être intéressante en extérieur, avec une végétation dense, où les arêtes, même les plus fines, se fondent en une tache noire.
L’exemple d’une moulure à motif fin l’illustre bien. Soulignée d’un contour noir épais, ses lignes sombres se superposent, le blanc entre elles disparaît et, pour l’IA, cette moulure est tout simplement NOIRE.
Bon exemple
Mauvais exempleIl reste encore un point à éclaircir. Les modèles du 3D Warehouse se téléchargent généralement sans lissage, si bien qu’un cylindre, un arc ou le dossier d’un fauteuil est couvert d’un maillage dense de lignes. L’IA le lit comme une séparation de matériaux ou une texture, et au lieu d’un dossier lisse vous obtenez un dossier rayé, au lieu d’une colonne ronde un poteau habillé de planches.
Sélectionnez un tel objet et cherchez la section Soften Edges dans le plateau par défaut, à droite. Les 20 degrés habituels suffisent généralement amplement, et le fait de cocher Smooth normals et Soften coplanar nettoie le maillage ainsi que les lignes entre faces coplanaires. Après ce traitement, l’IA reçoit un volume lisse au lieu d’un objet quadrillé.
Bon exemple
Mauvais exempleArêtes superflues dans le modèle : des séparations qui n’existent pas dans le projet
Il ne doit rester dans le cadre aucune ligne qui ne corresponde à rien dans le projet. Pour Raya, chaque arête est une information sur une séparation, et elle ne sera jamais totalement ignorée.
Ces lignes viennent de l’organisation du modèle. Dans un mur construit à partir de plusieurs prismes, des arêtes apparaissent aux jonctions des volumes. Dans un plafond découpé en morceaux, une ligne peut traverser le milieu. Des groupes qui se chevauchent dessinent souvent un segment à leur intersection. Pendant le travail de conception, personne n’y prête attention, car vous connaissez votre modèle et voyez la vraie géométrie à travers ces lignes.
Raya, elle, ne dispose pas de cette connaissance. Une ligne près du plafond devient pour elle une corniche, un puits de lumière ou une bande de verre. Une séparation sur un mur se transforme en joint ou en panneau. Dans la vue ci-dessous, il a suffi de quelques arêtes supplémentaires dans l’angle du plafond pour qu’apparaisse sur la visualisation une fenêtre sous le plafond qui n’existe pas dans le projet. Difficile de lui en vouloir : en regardant une telle scène, je ne sais pas toujours moi-même ce qui est quoi.


Avant l’export, passez le cadre en revue et supprimez ou adoucissez tout ce qui n’est pas une vraie séparation : lignes de jonction des volumes, restes d’opérations de soustraction, arêtes de groupes qui se chevauchent. Il est aussi utile d’activer Ambient Occlusion, car les vrais creux reçoivent une ombre, tandis que les lignes plates restent plates, et l’on distingue ainsi plus facilement les uns des autres.
Activer ou désactiver les ombres avant d’envoyer la vue à l’IA ?
Les arêtes sont une chose, les ombres en sont une autre, et là, tout dépend du type de scène. En intérieur, désactivez les ombres portées nettes, car elles seront reproduites telles quelles.
Le soleil qui entre par la fenêtre peut dessiner sur le tapis des formes géométriques nettes. Raya les traitera comme une partie de la scène, parfois même comme de la géométrie, et vous obtiendrez un étrange rectangle clair sur le sol. Les intérieurs photoréalistes reposent généralement sur une lumière naturelle douce et diffuse, donc des taches de soleil dures dans l’image de départ jouent contre vous.
En extérieur, la situation est tout autre. L’ombre portée aide à lire le volume, la profondeur de la géométrie et le débord des balcons, il vaut donc la peine de la conserver pour les extérieurs.
Bon exemple
Mauvais exempleDate et heure dans le panneau Shadows : orientez la lumière comme dans le projet
Puisqu’on parle du soleil, autant l’utiliser à votre avantage. Dans le panneau Shadows, vous pouvez régler la date et l’heure, et avec elles la direction d’où vient la lumière.
Une date et une heure bien réglées font correspondre l’ombrage de la vue à la réalité du projet : le soleil entre exactement du côté des fenêtres. L’IA reçoit alors une information cohérente et n’a pas à deviner quel côté de la pièce doit être le plus lumineux. Cela compte aussi lorsque les ombres portées sont désactivées, car la position du soleil pilote également l’ombrage des faces. Une seule condition : dans le panneau Shadows, il faut cocher Use sun for shading. Sans cette option, vous pouvez déplacer le curseur de l’heure autant que vous voulez, rien ne changera dans la scène.
Un test simple le montre bien. Le même meuble est passé deux fois en génération, chaque fois sans ombres directes portées sur le sol, avec seulement le clair-obscur dû au soleil. Dans la variante A, le soleil de SketchUp éclaire par la droite, et Raya l’a interprété exactement de la même façon, en éclaircissant la scène par la droite. Dans la variante B, le soleil éclaire par la gauche, et la génération s’éclaircit elle aussi par la gauche.


La direction de la lumière vous est donc offerte gratuitement, avant même la génération. Il suffit de régler la date et l’heure pour qu’elles correspondent à l’orientation des fenêtres ou à l’ambiance que vous voulez obtenir, au lieu de l’expliquer ensuite dans une instruction textuelle.
Pourquoi le plafond sort-il gris foncé sur la visualisation ?
La position du soleil est une chose, l’intensité de l’ombrage en est une autre. Les curseurs Light et Dark règlent l’écart de luminosité entre des faces orientées selon des angles différents. Un mur que vous regardez de face est plus clair qu’un mur vu sous un angle aigu.
C’est un effet bien connu dans la réalité. Au quotidien, on observe exactement la même chose quand la lumière tombe sur les murs d’un intérieur, cet effet est donc naturel. Le problème commence quand l’IA interprète un plafond blanc comme gris et un mur gris comme presque blanc. C’est l’erreur la plus fréquente dans les générations de Raya : un plafond plus sombre de quelques tons que les murs, alors que dans le projet il a exactement la même couleur.
Vous corrigerez cela en deux étapes. Cochez d’abord Use sun for shading, car sans cette option les curseurs n’ont aucun effet. Rapprochez ensuite les deux valeurs, par exemple Light 60 et Dark 70. L’écart entre les faces subsiste, mais les couleurs ne mentent plus autant.
Bon exemple
Mauvais exempleAmbient Occlusion dans SketchUp : qu’est-ce que c’est et quels réglages choisir ?
Puisque vous désactivez certaines ombres, il vaut la peine d’en activer d’autres, les ombres dites de contact. L’Ambient Occlusion, ou AO en abrégé, est un assombrissement aux endroits où les faces se rapprochent sous l’angle le plus fermé et où la lumière diffuse a du mal à passer : dans les angles, les interstices et sous les éléments écartés du mur.
Dans SketchUp, vous la trouverez sous View / Face Style / Ambient Occlusion. La fonction est apparue dans la version 2024 et nécessite le nouveau moteur graphique, les utilisateurs de versions plus anciennes ne la connaissent donc peut-être pas.
À quoi sert-elle pour l’IA ? Une ombre légère dans un interstice indique au modèle qu’une applique est suspendue à quelques centimètres du mur, au lieu d’y être collée à plat. Il en va de même pour les faux plafonds, dont la différence de niveau est parfois invisible. Un faux plafond dessiné uniquement avec des lignes n’est pour l’IA qu’une simple ligne sur un plafond plat, alors qu’une ombre diffuse en fait un vrai décaissé.
Réglez une Distance et une Intensity très faibles dans les paramètres du style, au niveau de l’Ambient Occlusion. Une AO trop forte rapproche la vue SketchUp brute du photoréalisme et, paradoxalement, rend plus difficile l’ajout du vrai résultat recherché, car le modèle reçoit une scène déjà assombrie aux endroits qu’il devrait lui-même remplir de lumière. Il s’agit d’un indice subtil, assez discret pour qu’on ne le voie pratiquement plus une fois l’image réduite à la taille d’une miniature.
Bon exemple
Mauvais exempleOù placer les sources de lumière pour que l’IA les voie ?
L’Ambient Occlusion explique l’espace à l’IA, les sources de lumière lui expliquent la direction. La règle est simple : si vous voulez un éclairage précis, montrez-le dans la scène.
Un luminaire visible donne à Raya toutes les informations : de quel type de lampe il s’agit, quelle lumière elle émet et de quelle direction elle doit venir. Une suspension au-dessus de la table, visible dans le cadre, fonctionnera mieux que la plus longue des descriptions. Une applique coupée par le bord du cadre, en revanche, non : le modèle n’en voit qu’un fragment de boîtier et doit deviner si elle éclaire seulement.
Il en va de même pour les fenêtres. Quand on voit clairement d’où entre le soleil, le résultat devient plus prévisible. Vous pouvez encore le préciser dans les réglages d’éclairage de l’onglet « Générer », où le mode avancé vous permet de décrire la lumière avec vos propres mots, ou activer l’option « Allumer les lumières ». Et si la pièce n’a pas de fenêtres, par exemple un dressing ou une salle de bains au fond de l’appartement, choisissez le préréglage « Sans fenêtres » au lieu de compter sur l’IA pour le deviner seule, mais n’oubliez pas : cadrez la scène de façon à ce que les luminaires y soient visibles.
Il existe encore une technique, rare mais efficace : un matériau jaune avec un masque en dégradé qui, dès la fenêtre de travail de SketchUp, suggère un ruban LED. Le sujet demande une explication plus longue, je le garde donc pour un article à part sur la lumière artificielle.
Désactiver l’arrière-plan dans SketchUp : la vue verte et bleue derrière la fenêtre
La lumière entre par les fenêtres, et par ces mêmes fenêtres on voit l’arrière-plan, autre endroit où SketchUp peut vous jouer des tours. L’herbe verte et le ciel bleu par défaut, avec leur ligne d’horizon caractéristique, sont parfois reproduits tels quels, ce qui ne rend jamais bien.
La solution la plus simple consiste à désactiver l’option Ground dans les réglages du style. Derrière la fenêtre, il reste alors une surface blanche uniforme que l’IA remplira d’elle-même, en général de façon tout à fait cohérente. C’est justement la méthode que j’utilise !
Vous avez encore deux autres possibilités. Vous pouvez insérer votre propre arrière-plan en tapant « background » dans le 3D Warehouse, ou utiliser la fonction Environments, arrivée dans SketchUp avec la version 2025. Quelle que soit la voie choisie, il vaut la peine de préciser dans l’instruction textuelle ce qui doit se trouver derrière la fenêtre, car Raya reçoit alors une indication sans ambiguïté. Une seule phrase sur un paysage urbain ou une forêt de pins peut changer toute l’atmosphère de l’intérieur.
Bon exemple
Mauvais exempleComment résoudre le problème des miroirs dans les visualisations IA ?
L’arrière-plan derrière la fenêtre se contourne avec les réglages du style, mais le miroir, lui, n’existe pas dans SketchUp. Par définition, le logiciel n’affiche pas les reflets. Une surface miroir ressemble dans le viewport à un aplat gris, et c’est exactement sous cette forme qu’elle parvient à l’IA.
Le résultat est prévisible. Puisque le modèle voit une surface grise, il générera une surface grise.
C’est pourquoi nous avons ajouté au plugin Raya pour SketchUp la fonction « Pick mirrors ». Elle vous permet de désigner n’importe quelles faces du modèle, et le plugin leur ajoute de vrais reflets de miroir dès l’étape SketchUp, à partir de la géométrie de votre modèle. Vous envoyez au générateur une vue dans laquelle le miroir reflète ce qu’il doit refléter, l’IA n’a donc rien à inventer. Pour une salle de bains avec un miroir au-dessus du lavabo ou un miroir sur tout un mur d’entrée, c’est la solution à un problème que l’on ne pouvait jusqu’ici contourner qu’en ajoutant le reflet à la main ou en saisissant des instructions textuelles précises dans le générateur Raya.
Nous avons détaillé pas à pas la sélection des faces dans un guide à part sur les reflets corrects dans les miroirs, avec la liste de ce que cette fonction ne fait pas.


Comment exporter une vue SketchUp pour l’IA ?
Le modèle est prêt, le style est réglé, il reste donc la dernière étape, celle où il est le plus facile de tout gâcher. Exportez la vue uniquement via File / Export / 2D Graphic.
Une capture d’écran donne la résolution de l’écran, généralement trop faible, avec en prime les éléments de l’interface. Une photo de l’écran prise au téléphone est encore pire, car la courbure de l’objectif déforme les verticales, et l’IA rendra cette même pièce de travers. Ces deux méthodes ont l’air d’une blague, et pourtant nous les voyons régulièrement. Raya s’en sortira même avec une telle image, mais pourquoi lui compliquer la tâche ?
Dans la fenêtre d’export, ouvrez Options, décochez Use view size et saisissez vos propres dimensions. Visez au moins 1440 px sur le petit côté et laissez Anti-alias activé. La largeur par défaut est trop faible : en 800x600, les lignes fines commencent à se chevaucher et les petits détails ne sont plus visibles, il n’y a donc plus rien à partir de quoi reconstituer les moulures ou les joints.
Raya accepte des images jusqu’à 2K, et au-delà le gain est minime, la plage idéale se situe donc entre 1440 et 2000 px sur le petit côté.
Bon exemple
Mauvais exempleQuel format de fichier importer pour l’IA : PNG, JPG ou TIF ?
La résolution est réglée, reste le format. Les différences sont plus faibles qu’on ne le pense. Le PNG et le TIF sont sans perte, le JPEG est avec perte, mais avec une bonne qualité de compression, la différence sur le résultat de la génération reste marginale. Raya accepte ces trois formats, jusqu’à 10 Mo par fichier.
Deux points méritent toutefois d’être vérifiés avant de cliquer sur Export. Pour un PNG, décochez le fond transparent, car un canal alpha à la place d’un fond blanc pose problème en entrée (il s’affiche souvent en noir). Un TIF en haute résolution peut quant à lui dépasser la limite de 10 Mo, donc en pratique, le plus pratique reste un JPG de bonne qualité.
Les formats qui ne sont pas des images sont en revanche exclus. Les PDF et les DWG ne seront tout simplement pas lus.
Le plugin Raya pour SketchUp : un rendu IA sans exporter de fichier
Tout ce qui précède concerne l’export manuel, mais on peut faire plus simple ! Le plugin Raya gratuit pour SketchUp capture la vue en cours et l’envoie directement au générateur.
Vous réglez le cadrage dans SketchUp, mais vous n’avez plus à vous soucier des proportions, de la résolution, du format ni de la taille maximale du fichier. Tout cela disparaît de votre liste de préoccupations.
Le plugin prend aussi en charge les réglages de style. Lorsque l’option « Use the Raya style for the best result » (activée par défaut) est cochée, un clic sur « Capture » applique notre style d’affichage, avec des réglages d’arêtes, de profils et d’ombres déjà prêts. Votre propre style n’est pas écrasé, car la scène dans SketchUp reste intacte, et c’est une vue correctement préparée pour l’IA qui part vers le générateur.

Le modèle lui-même reste en revanche à votre charge. La complétude de la scène, les matériaux et les textures, les faces correctement orientées et les arêtes superflues, c’est toujours votre travail, car aucun plugin ne devinera ce qui, dans le projet, est une séparation et ce qui a été ajouté par erreur (pour l’instant ;)).
Check-list avant d’exporter une vue pour l’IA
La préparation de la vue ressemble à une longue liste, mais en pratique, elle se résume à quelques réglages que l’on fait une fois avant de les oublier. Avant de cliquer sur Export, vérifiez les points suivants :
une scène complète, sans plan de section visible, sans trous ni fond tout autour,
lignes de construction, cotes, textes et widgets V-Ray (ou d’autres moteurs de rendu) masqués,
un cadrage aux proportions naturelles, une caméra à 100-120 cm de hauteur, une perspective plutôt qu’une élévation plate,
l’affichage Shaded with textures et les faces inversées remises à l’endroit,
les profils désactivés (ou de la même épaisseur que les arêtes), des arêtes fines et éclaircies,
les ombres portées désactivées en intérieur, une date et une heure conformes à l’orientation des fenêtres,
Use sun for shading coché, avec les paramètres Light 60 et Dark 70 pour réduire le contraste entre le plafond et les murs,
une Ambient Occlusion légère, pour aider à bien lire la géométrie de l’espace,
Ground désactivé et une vue blanche derrière la fenêtre,
un export d’au moins 1440 px sur le petit côté.
Enregistrez cet ensemble de réglages dans SketchUp comme style personnalisé. Je l’ai sous la main dans chaque projet et je l’active en un clic avant d’envoyer la vue à Raya. Pour créer les visualisations de cet article, je me suis servi de cette liste.
Commencez par un cadrage que vous connaissez bien et faites-le passer par tous les points de la liste. Pour démarrer, vous disposez de 20 crédits gratuits, soit environ 10 visualisations en 2K. C’est largement suffisant pour vos premiers tests. Quand le résultat sera proche de votre objectif, vous peaufinerez le reste dans l’onglet « Modifier », sans revenir au modèle 3D.


